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L'homme derrière le diagnostic

Jean-François Delisle Roy
Abitibi-Témiscamingue

Originaire de l'Abitibi-Témiscamingue, Jean-François quitte la région et s'établit à Montréal pour y étudier et travailler. Sa vie bascule quelques années plus tard lorsqu'il apprend qu'il souffre d'un trouble mental. Atteint de schizophrénie, Jean-François a traversé plusieurs épisodes difficiles avant d'être en mesure de comprendre et d'accepter sa maladie. Aujourd'hui, l'emploi qu'il occupe lui permet de s'épanouir et de mener une vie équilibrée.

Après une visite au centre local d'emploi en 2008, Jean-François réintègre le marché du travail dans le cadre du programme Action (Programme d'aide et d'accompagnement social [PAAS]) qui a pour objet d'aider les personnes éloignées du marché du travail à acquérir la plus grande autonomie possible sur le plan socioprofessionnel. Il travaille depuis maintenant trois ans pour le groupe de défense des droits en santé mentale de l'Abitibi-Témiscamingue (RAIDDAT).

Jean-François y travaille comme rédacteur. Cette expérience lui a permis de concrétiser plusieurs projets, dont l'écriture d'un livre intitulé L'avis mental, recueil de 24 témoignages de personnes qui, à un moment de leur vie, ont fait la brutale découverte de la maladie mentale. Plus de 1500 exemplaires en ont été distribués gratuitement jusqu'à aujourd'hui.

« Dans mon milieu de travail, j'ai reçu des confidences de personnes démunies et désespérées de vivre avec une telle maladie », affirme Jean-François. Effectivement, c'est à la suite de rencontres, d'ateliers et de cafés-échanges que lui est venue l'idée d'un recueil de témoignages qui pourrait aider à comprendre la maladie, à vivre avec et à vaincre ses tabous.

« La réalisation de ce projet a été rendue possible grâce l'encouragement des gens du RAIDDAT », mentionne Jean-François. D'ailleurs, la directrice du groupe, Mme France Riel, se sent privilégiée de pouvoir l'aider à développer son potentiel avec l'appui financier d'Emploi-Québec.

Prêt à relever de nouveaux défis, Jean-François est déjà sollicité pour un autre projet portant sur l'embauche de personnes aux prises avec un problème de santé mentale. Étant lui-même dans cette situation, il est très conscient des bienfaits que lui procure son environnement de travail : « Le fait d'avoir un travail que j'aime m'a permis de retrouver l'équilibre et d'acquérir de nouvelles compétences, mais surtout, j'ai gagné de la confiance en me prouvant que je suis capable d'accomplir des choses utiles. Je peux enfin vivre en paix, moins perturbé par les angoisses à cause de ma maladie. »